Les premiers repères

Avant un jeu à plusieurs, distinguez les affaires personnelles et le matériel disponible pour tous. Pour un objet convoité, décrivez la situation et proposez un arrangement concret : attendre la fin de l’action, choisir un autre objet ou jouer ensemble si les deux enfants en ont envie. Un prêt doit avoir une fin compréhensible. Il ne faut pas confondre le fait de rendre un objet pris à quelqu’un et l’obligation de prêter une affaire personnelle.

Trois situations qui n’appellent pas la même règle

Préciser ce qui est partagé
SituationCe que l’adulte peut préciser
Un objet appartient à l’un des enfantsDemander avant de le prendre ; accepter qu’il ne soit pas prêté.
Un jeu appartient à tousDéfinir un tour, une action ou une répartition du matériel.
Une construction est en coursDemander avant de toucher ou d’ajouter quelque chose.

Avant une visite, votre enfant peut mettre quelques affaires personnelles de côté. Choisissez ensuite ensemble ce qui sera disponible. Vous évitez ainsi d’annoncer que tout sera partagé puis de découvrir une exception au milieu du jeu.

Trois dialogues à reprendre

Le camion déjà utilisé. « Tu voudrais le camion rouge. Il est dans le jeu de Lina pour le moment. Tu peux lui demander de te prévenir quand son chargement est terminé, ou prendre celui-ci. » L’autre enfant peut répondre qu’il n’a pas fini ; vous aidez alors à trouver une attente concrète, sans lui arracher l’objet.

La peluche personnelle. « Cette peluche appartient à Sam. Sam ne souhaite pas la prêter aujourd’hui. Les animaux de cette boîte sont disponibles pour jouer ensemble. » Aucun enfant n’a à justifier longuement son refus.

La boîte commune. « Vous voulez tous les deux les grands blocs. On peut en faire deux petits tas ou construire un garage commun. Laquelle de ces idées vous convient ? » Si les choix proposés ne conviennent pas, l’adulte peut répartir temporairement le matériel et proposer de changer d’activité.

Un début et une fin pour le prêt

« Tu me le prêtes ? » ne précise pas forcément jusqu’à quand. Ajoutez un repère lié au jeu : une descente de voiture, un trajet sur le tapis, la fin d’un dessin. Ce repère doit être compréhensible pour les deux enfants, pas défini après coup par celui qui attend.

Vous pouvez proposer une petite carte à poser près de la boîte : Je demande — nous convenons de la fin — je rends. Dessinez une bouche, un drapeau et une main si la lecture n’est pas encore utile. Cette carte rappelle un arrangement ; elle n’a pas à devenir un registre de tous les jouets prêtés dans la journée.

Quand l’échange n’est plus possible

Si les enfants tirent sur le même objet ou se font mal, interrompez le jeu et mettez l’objet de côté le temps de vous occuper d’eux. Vous n’avez pas besoin de déterminer immédiatement qui a commencé. Revenez ensuite aux faits que vous avez vus : l’objet était dans quelles mains, quel accord avait été annoncé, quelle suite peut être proposée maintenant ?

Évitez de confier automatiquement au plus grand le rôle de céder. Évitez aussi de promettre un autre jouet en remplacement si vous ne comptez pas le fournir. Un jeu commun peut s’arrêter sans qu’il faille aussitôt obtenir un accord chaleureux.

Une règle courte, avec l’aide de l’adulte

Pour les 4–7 ans, la règle peut tenir en une phrase que vous montrez pendant la situation. Certains enfants préféreront des images ; d’autres pourront proposer leur propre arrangement. L’âge ne dit pas à lui seul combien de temps un prêt devrait durer.

L’article de la CAF consacré à la fratrie invite notamment à éviter les comparaisons entre enfants. Notre proposition porte sur des objets et des accords précis, sans conclure qu’un enfant serait généreux ou égoïste. Vous pouvez aussi préparer un jeu dont le but est commun, ou rendre les tours visibles lorsque l’objet appartient à tous.

Questions fréquentes

Faut-il acheter les mêmes jouets pour éviter les désaccords ?

Ce guide ne demande aucun achat. Vous pouvez commencer par préciser les affaires personnelles, répartir le matériel commun et proposer un arrangement sur le jouet déjà présent.

Et si un invité a abîmé un jouet prêté ?

Occupez-vous de l’objet et de son propriétaire, puis expliquez simplement ce qui peut être réparé avec l’adulte. Le prêt suivant peut être organisé différemment, sans traiter l’invité de personne maladroite ou méchante.

Sources et références

Les liens ci-dessous permettent de vérifier les informations et de poursuivre votre lecture. Nos exemples et nos supports sont des propositions éditoriales ; ils ne sont pas validés par les organismes cités.

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